PLAN B : 8 propositions pour assainir le budget sans faire payer les travailleurs
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10 milliards d’économies. Qui va payer la facture ?
Les finances publiques belges doivent être assainies. Mais cela ne doit pas, une fois de plus, se faire sur le dos des travailleurs, des malades et des pensionnés. D’autres choix sont possibles pour mieux répartir l’effort et rendre notre fiscalité plus juste.
La FGTB met sur la table des propositions concrètes et chiffrées pour assainir les finances publiques tout en faisant enfin contribuer davantage celles et ceux qui ont les épaules les plus larges.
Voici 8 propositions concrètes. Notre gouvernement aura-t-il le courage politique de les mettre en œuvre ?
1. Un euro est un euro — 12,9 milliards d’euros de recettes
Pourquoi un euro gagné par le travail est-il davantage taxé qu’un euro gagné grâce à des actions ou à l’immobilier ? Pour la FGTB, un euro est un euro. Les revenus du travail, du patrimoine et les revenus locatifs doivent être intégrés à l’impôt des personnes physiques et soumis au même barème progressif.
Cela rendrait notre système fiscal plus juste et pourrait rapporter 12,9 milliards d’euros.
2. Mettre fin aux subsides qui ratent leur cible — au moins 1,5 milliard d’euros
Un subside doit être efficace. S’il ne l’est pas, il faut y mettre fin. La Belgique consacre des milliards d’euros à des réductions et des subsides en faveur des entreprises. Mais permettent-ils réellement de créer davantage d’emplois ?
La FGTB veut enfin évaluer systématiquement les aides aux entreprises et supprimer progressivement celles qui n’ont pas démontré leur utilité. Rien qu’en limitant certains subsides salariaux et en supprimant progressivement la réduction pour le premier engagement, les pouvoirs publics pourraient récupérer plus de 1,5 milliard d’euros par an.
3. Fermer les échappatoires fiscales pour les entreprises — plus de 2,5 milliards d’euros
Pas question que certains puissent échapper à l’impôt grâce à des montages fiscaux. Notre système fiscal est une véritable passoire, truffée d’exceptions et de régimes préférentiels qui permettent à certains revenus d’échapper à l’imposition normale.
La FGTB veut supprimer les niches fiscales inefficaces et limiter fortement les montages fiscaux, notamment le recours aux sociétés de management. À la clé : plus de 2,5 milliards d’euros.
4. La rémunération alternative est aussi du salaire — 756 millions d’euros
Une part croissante de la rémunération prend aujourd’hui la forme de voitures de société, de primes bénéficiaires, d’options sur actions ou d’autres avantages sur lesquels moins de cotisations sociales sont payées. Résultat : la sécurité sociale perd des recettes.
En soumettant ces formes de rémunération à des cotisations sociales plus équitables, environ 756 millions d’euros supplémentaires pourraient être dégagés chaque année.
5. Faire contribuer équitablement les flexi-jobs — 380 millions d’euros
La flexibilité ne peut pas devenir une échappatoire permettant d’éviter les cotisations sociales. Aujourd’hui, les cotisations sociales payées sur les flexi-jobs sont nettement moins élevées que pour les emplois ordinaires. Les flexi-jobs coûtent donc moins cher aux employeurs, mais génèrent aussi moins de recettes pour la sécurité sociale.
La FGTB veut qu’ils contribuent plus équitablement. Cela permettrait à la fois de renforcer la sécurité sociale et d’améliorer les droits sociaux des flexi-jobbers. Recettes potentielles : 380 millions d’euros par an.
6. Faire contribuer proportionnellement les indépendants aux revenus élevés — 700 millions d’euros
Pourquoi ceux qui gagnent le plus devraient-ils proportionnellement moins contribuer ? Aujourd’hui, les indépendants aux revenus les plus élevés paient proportionnellement moins de cotisations sociales que les autres.
La FGTB veut corriger cette anomalie afin que les hauts revenus contribuent eux aussi équitablement au financement de la sécurité sociale. Recettes estimées : environ 700 millions d’euros.
7. Payer le juste prix pour les médicaments — 237 millions d’euros
Il est possible de faire des économies sans les faire payer aux patients. Certains médicaments coûtent beaucoup plus cher que ne le justifient leurs coûts de développement et de production.
Une fixation plus transparente et plus juste du prix des médicaments permettrait de réduire la facture tant pour les pouvoirs publics que pour les patients. Rien que pour les 25 médicaments les plus chers, l’économie pourrait atteindre 237 millions d’euros.
8. Redonner aux travailleurs la possibilité de négocier leurs salaires — 360 millions d’euros
De meilleurs salaires sont aussi bons pour les finances publiques. La productivité augmente : les travailleurs créent toujours plus de richesse par heure travaillée. Il est normal qu’une partie de ces gains leur revienne.
En réformant la loi sur les salaires — la « loi de 96 » —, les salaires bruts pourraient à nouveau évoluer en fonction de l’inflation et de la productivité. Cela renforcerait le pouvoir d’achat, mais aussi le financement de la sécurité sociale et des pouvoirs publics.
Cette mesure pourrait générer environ 360 millions d’euros de recettes supplémentaires.
Pétition
Enfin, même si la pétition pour une fiscalité plus juste a déjà atteint trois fois plus de signataires que nécessaire, la FGTB invite toutes les personnes qui ne l'ont pas encore signée à accentuer la pression sur le Gouvernement. Signez la pétition.