La FGTB ne souscrit pas au rapport de la BNB
Fait rarissime, la FGTB rejette totalement le préambule du rapport annuel de la Banque nationale de Belgique (BNB) qui est publié aujourd’hui. Ce rapport soutient sur toute la ligne une politique gouvernementale néfaste. Une politique qui fait extrêmement mal à la population et qui loupe totalement l’objectif qu’elle était censée atteindre : l’équilibre budgétaire. Pire, elle aggrave la trajectoire des finances publiques belge ! Par ailleurs, il est question de ne pas indexer les salaires dans les secteurs en déclin. Les travailleurs et travailleuses paieraient donc la mauvaise santé économique de ces entreprises. La tonalité générale du rapport est à ce point déséquilibrée que la FGTB ne peut absolument pas y souscrire.
La FGTB siège, aux côtés des autres partenaires sociaux, au Conseil de régence de la Banque nationale. Le gouverneur y présente le rapport annuel de la BNB, qui dresse un état des lieux de l’économie, au nom de ce Conseil. L’équilibre entre les intérêts sociaux et économiques — qui faisait traditionnellement la force de son préambule, fait défaut cette année. Même si certains volets restent pertinents.
La FGTB constate notamment que :
- L’analyse des politiques européennes présente la déréglementation comme une solution universelle.
- D’importantes avancées en matière de protection sociale, de transition écologique, de droits humains et de protection des consommateurs sont dépeintes comme des obstacles à la compétitivité.
- La politique gouvernementale concernant le chômage, les pensions et les maladies de longue durée est applaudie sans nuance, et même jugée insuffisamment ambitieuse, alors que ces réformes entraînent une augmentation criante des inégalités sociales.
- Des mesures plus justes visant à rétablir l’équilibre, telles que la réduction des subventions excessives aux entreprises ou l’introduction d’un impôt sur les plus-values, sont abordées avec réticence.
- Des problèmes sociaux collectifs sont, à tort, réduits à des problèmes de comportement individuel. Les chômeurs et les malades de longue durée sont soumis à des logiques « d’incitants et de contrôle » plutôt que soutenus par des solutions structurelles. La manière dont les mutualités, acteurs essentiels du tissu social, sont présentées est également inacceptable.
La FGTB plaide pour une analyse économique qui tienne compte de la réalité sociale des travailleurs et travailleuses, fondée sur une redistribution équitable des richesses et une croissance durable. Selena Carbonero Fernandez, Secrétaire générale de la FGTB : « Il est temps de faire contribuer les épaules les plus larges et d’oser remettre en cause les 16 milliards d’euros d’aides récurrentes accordées aux entreprises, sans conditions. Avoir ce courage ouvrirait déjà des perspectives ».