Les interlocuteurs sociaux rejettent le saut d’index partiel du gouvernement: opaque, complexe et néfaste pour les secteurs et les entreprises.

Dans l’avis rendu aujourd’hui par le Conseil central de l’Économie (CCE) et le Conseil national du Travail (CNT), les syndicats et les employeurs formulent de vives critiques tant sur le saut d’index partiel lui-même que sur la procédure suivie.

Selon cet avis, le saut d’index partiel constitue une ingérence dans la concertation sociale relative à l’avis sur la loi de 1996 et à l’indexation automatique. Le gouvernement a lié ces deux dossiers et attend un avis sur ces sujets d’ici fin 2026.

Les interlocuteurs sociaux n’ont pas été associés à ce dossier pourtant essentiel pour eux. Comme le souligne l’avis de manière incisive : « Ne pas consulter les Conseils sur des matières aussi cruciales pour les interlocuteurs sociaux constitue une atteinte directe à leur légitimité et outre-passe le rôle que le législateur leur a attribué. »

L’avis souligne le caractère incompréhensible et inapplicable du saut d’index partiel. " Il interfère avec les barèmes salariaux des travailleurs et travailleuses", déclare Selena Carbonero Fernandez, Secrétaire générale de la FGTB. Or, ces barèmes sont le résultat de négociations et d’équilibres historiques qui seraient ainsi remis en cause. Cela risquerait donc de perturber les accords sectoriels et d’entreprise et de déséquilibrer la concertation sociale.

Sur les plans tant de fond que pratique, ce saut d’index soulève des questions auprès des syndicats et des employeurs. L’avis pointe sa complexité technique et administrative ainsi que son manque de transparence, tant pour les travailleurs que pour les services RH. "Les travailleurs et travailleuses seraient plongés dans l’incertitude quant au moment et aux modalités d’application de ce saut d’index", poursuit Selena Carbonero Fernandez.

La FGTB s’oppose par principe à tout saut d’index en raison de ses effets négatifs pérennes sur le pouvoir d’achat et du risque de conflits sociaux dans les secteurs et les entreprises.