L’industrie, c’est nous

Industrie

Ces 11 et 12 février, des dirigeants d’entreprises et des responsables politiques se réunissent pour parler de l’avenir de l’industrie. Au menu, petits fours dans un château pendant que les travailleurs et travailleuses subissent l’austérité budgétaire ! Nous rappelons une réalité essentielle : sans les travailleurs et travailleuses, il n’y a pas d’industrie. 

Depuis cinq ans, plus d’un million de travailleurs européens ont perdu leur emploi. Chaque jour, 500 travailleurs qualifiés dans le secteur manufacturier perdent leur moyen de subsistance en Europe (sources CES). Un quart des entreprises s’attendent à vivre des restructurations majeures. Le rapport du cabinet d’expertise indépendant Syndex réalisé pour IndustriAll Europe, confirme que la quasi-totalité des grands secteurs industriels européens – sidérurgie, automobile, chimie, énergie, télécoms, semi-conducteurs, sont menacés. 

Mais c’est toute la société qui paie le prix : l’industrie concentre une part décisive de la recherche, de l’innovation et du tissu socio-économique. Lorsqu’elle s’affaiblit, c’est l’ensemble du modèle européen qui vacille. Dérégulation, aides publiques sans conditions, mise en concurrence des travailleurs, obsession de la compétitivité – sont des recettes qui ne fonctionnent pas. Et qui n’endiguent en rien la disparition du savoir-faire et des emplois. 

Définir les secteurs stratégiques sur base de critères sociaux, climatiques et économiques est urgent. Réorienter les financements vers la décarbonation, aujourd’hui largement moins soutenue que les activités fossiles, aussi. L’aide publique aux entreprises doit être conditionnée à des emplois de qualité et à l’ investissements dans la transition climatique, les énergies renouvelables et l’indépendance énergétique. 

La FGTB demande la création d’un Fonds de transition, géré paritairement, pour accompagner les travailleurs et sécuriser leur parcours de formation. Les représentants des travailleurs doivent être impliqués dans les décisions : feuilles de route de décarbonation, investissements, organisation du travail, besoins en compétences… 

« L’Europe ne réussira ni sa transition industrielle ni sa transition climatique et sans justice sociale. Pendant que les petits fours refroidissent sur les plateaux en argent, les forces vives de l’industrie sont prêtes à retrousser leur manches », affirme Selena Carbonero-Fernandez, Secrétaire générale de la FGTB.